Le printemps d’Alto
Voici un aperçu des nouveautés du printemps d’Alto. Peu de livres, mais des livres ô combien prometteurs.
Mars : Les Filles de Lori Lansens (traduit de l’anglais par Lori St-Martinet Paul Gagné)
Déjà paru dans dix-sept pays, véritable phénomène au Canada anglais et en Angleterre, enfin traduit en français, Les Filles est certainement l’un des romans les plus originaux et les plus touchants qu’on ait vu depuis longtemps. Salué par les critiques du monde entier, ce livre a certes de quoi surprendre par son étrangeté. Pourtant, l’art de Lori Lansens réside dans l’habile amalgame de comédie et de tragédie qui seul peut rendre compte du singulier quotidien de Rose et Ruby Darlen, deux jumelles reliées par la tête. Grâce à une écriture pleine d’humour et à une maîtrise désarmante de la narration croisée, Lansens tisse le récit inoubliable de ces deux filles qui voient dans le lien qui les unit plutôt une bénédiction qu’un handicap et nous livrent chacune leur tour les réflexions que leur inspirent la vie à deux, l’amour et la mort. Peuplé par des personnages fascinants et pour le moins attachants (!), Les Filles est un récit empreint d’une irrésistible humanité.
Avril : Tarmac de Nicolas Dickner
Le grand retour de l’auteur de Nikolski ! Après avoir séduit les lecteurs et la critique tant au Québec qu’à l’étranger, Nicolas Dickner signe une variation délurée sur le thème de la fin du monde… et de sa suite. Sur l’amour avant vingt ans, les zombies, les banlieues et la bombe atomique. Sans trop dévoiler les nombreuses surprises qui attendent les fidèles lecteurs de Nicolas, disons simplement à propos de ce qui constituera certainement l’un des moments forts de l’année littéraire qu’on y traite d’apocalypses personnels et collectifs, d’une mère névrosée qui parle araméen en dormant, de béton, de bungalows, de bombe atomique et de kilocitrons… Douces retrouvailles en perspective.
Avril : Ta maison est en feu de Margaret Laurence (collection CODA)
Troisième tome du cycle de Manawaka de Margaret Laurence, Ta maison est en feu nous présente une nouvelle héroïne inoubliable : Stacey MacAindra. À l’aube de la quarantaine, cette femme au foyer et mère de quatre enfants a l’impression que la vie est en train de passer sous ses yeux et qu’elle assiste, impuissante, à la lente destruction de son petit univers. Reste la bouteille et l’évocation des souvenirs, refuges au coeur du brasier qui la dévore. Toujours aussi mordante et juste dans sa description du quotidien d’une femme aux prises avec ses démons, Margaret Laurence éblouit par sa maîtrise du roman psychologique moderne. Après L’ange de pierre et Une divine plaisanterie, Ta maison est en feu est un autre roman en avance sur son temps, que nous avons hâte de vous faire redécouvrir, trente-sept ans après sa première publication en français chez Stock.
Les détails concernant chacun de ces livres suivront bientôt.
Alto vous souhaite un agréable printemps.