Rachel Cameron, une institutrice célibataire vivant à Manawaka, est enfermée dans un cocon de silence, une armure de désirs inassouvis. Celle qui se définit comme un « anachronisme » continue, jour après jour, de prendre soin de sa mère en couvant à l’insu de ses collègues une détresse intérieure profonde, une soif de liberté et de passion que la rencontre de Nick, un
amant de passage, viendra brièvement apaiser.

Récompensé par le Prix littéraire du Gouverneur général et adapté au cinéma par Paul Newman sous le titre Rachel, Rachel, Une divine plaisanterie dissèque avec un humour acide les thèmes de la solitude, de l’amour, de la mort et de la foi. En remarquable peintre des sentiments, la grande dame des lettres canadiennes signe un récit émouvant pétri
d’humanité, un portrait de femme hors du commun aux échos universels.

Traduit de l’anglais (Canada) par Édith Soockindt.
Collection CODA / Coédition avec les Éditions Nota bene
Août 2008 | 978-2-923550-14-5 | 328 pages
| 18,95$

Margaret Laurence, née Jean Margaret Wemyss, a vu le jour en 1926 à Neepawa, au Manitoba. Celle que l’on surnomme « Peggy » n’a que quatre ans lorsque sa mère, Verna Jean Simpson, décède. Son père, l’avocat Robert Harrison Wemyss, se remarie avec la tante de la petite fille, Margaret Campbell Simpson, venue aider la famille, avant de mourir à son tour en 1935. Après ses études, Jean Margaret est embauchée par le Winnipeg Citizen puis épouse, en 1947, l’ingénieur Jack Laurence. Le couple s’installe d’abord en Angleterre avant de déménager en Somalie et au Ghana, un séjour qui marque profondément l’écrivaine.

Désormais mère de deux enfants, Jocelyn et David, Margaret revient au pays en 1957, se sépare de son mari et repart vivre un temps en Angleterre. Son premier roman, This Side Jordan, est publié en 1960, suivi par ses mémoires somaliens (The Prophet’s Camel Bell) en 1963. En 1964 paraît son futur classique, The Stone Angel (L’ange de pierre), véritable assise d’un ambitieux édifice littéraire mondialement connu sous le titre de Cycle de Manawaka. Sous le couvert de la fiction, Margaret Laurence y transpose certains événements de sa vie dans un lieu imaginaire inspiré par sa ville natale. Suivront A Jest of God (Une divine plaisanterie, 1966, Prix littéraire du Gouverneur général du Canada), The Fire-Dwellers (Ta maison est en feu, 1969), le recueil de nouvelles A Bird in the House (Un oiseau dans la maison, 1970) et, enfin, The Diviners (Les Devins, 1974, Prix littéraire du Gouverneur général du Canada), roman complexe et mature qui vient clore de façon magistrale ce que beaucoup considèrent comme le plus important cycle romanesque canadien (en version intégrale dans la collection CODA).

Tout au long de sa prolifique carrière, l’écrivaine manitobaine a également publié de nombreux articles et essais ainsi que des œuvres pour la jeunesse. En 1972, deux ans avant qu’elle ne revienne s’installer définitivement à Lakefield, en Ontario, Margaret Laurence est nommée Membre de l’Ordre du Canada. S’ensuit une longue période de silence littéraire pendant laquelle l’auteure doit constamment se battre contre la censure de ses livres et pour la reconnaissance de la littérature au Canada. Au fil des ans, elle s’investit de plus dans plusieurs causes environnementales et pacifistes. Cette grande dame des lettres canadiennes met fin à ses jours le 5 janvier 1987 après avoir appris, quelques mois plus tôt, qu’elle souffrait d’un cancer incurable. Ses mémoires, intitulés Dance on the Earth, ont été publiés en 1988. Encore aujourd’hui, Margaret Laurence demeure l’écrivaine la plus lue au Canada. Elle a exercé une profonde influence sur des écrivains majeurs tels Robertson Davies, Alice Munro et Margaret Atwood.

Quelques échos

« Il y a de ces romans qui vous marquent étrangement. Des histoires qui vous habitent même longtemps après que la dernière page n’ait été tournée. Une divine plaisanterie, de Margaret Laurence, est l’un des ces romans fabuleux, un qui transcende les années pour vous toucher droit au coeur. **** 1/2»
Caroline Craig, Le Droit

« Merci à Alto pour nous permettre de découvrir cet auteur reconnu au Canada anglais. Différent de L’ange de pierre, mais combien actuel encore aujourd’hui par ses propos. Un roman touchant et réaliste qui présente tous les ingrédients d’une bonne histoire. »
Danielle Perreault, M 103,5