Pardonnez-leur, mon père, car ils ne savent pas ce qu’ils ont fait. Pardonnez à ces sept hommes victimes d’étranges maléfices, venus chercher dans le confessionnal une oreille attentive au récit de leur infortune et implorer le salut de leur âme souillée par la curiosité et la faiblesse de la chair. Pardonnez aussi à cette femme calomniée, emmurée dans un cruel silence, car elle sait bien ce qu’elle a fait. Pardonnez enfin à l’homme de Dieu qui a recueilli leurs aveux et brisé le sceau de la confession en les transcrivant dans un ouvrage impie.
Lecteur, vous tenez entre vos mains une version remaniée mais non expurgée du mythique Maleficium de l’abbé Savoie (1877-1913), prêtre sacrilège dont on sait peu de chose, sinon qu’il termina ses jours cloîtré dans un monastère après avoir été mystérieusement frappé de surdité. Sachez que la lecture de cet ouvrage délétère pourrait provoquer un certain malaise chez les âmes pures, exciter les sens ou éveiller des désirs inavouables, et qu’en cédant à ses charmes vous risquez d’encourir l’excommunication. Vous voilà averti.
L’auteure du Cercle de Clara et de L’évocation (prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec) nous offre une fresque baroque en huit tableaux, une invitation à voyager aux limites des plaisirs et de la souffrance. Une œuvre rare, parfumée de fantastique, d’exotisme et d’érotisme, portée par une langue somptueuse.
Jamais le péché ne vous aura semblé aussi irrésistible.
- Gagnant — Prix Jacques Brossard
- Finaliste — Prix des libraires du Québec 2010
- Finaliste — Prix des cinq continents de la francophonie
- Finaliste — Prix France-Québec
- Sélection «On aime» des libraires d’Archambault
Novembre 2009 | 978-2-923550-27-5 | 192 pages | 21,95$
Deuxième d’une famille de six enfants, Martine Desjardins a reçu le baptême et la confirmation à Mont-Royal, où elle vit toujours avec son mari et leur fox-terrier Winnie. Après des études de russe, d’italien et de littérature comparée, elle a travaillé pour plusieurs magazines. Elle tient maintenant la chronique Livres à L’actualité. Saluée par la critique pour son premier roman, Le cercle de Clara, ainsi que pour L’élu du hasard, elle a reçu le prix Ringuet en 2006 pour L’évocation.
Elle ne fréquente plus l’église et a horreur de voyager.
« Un magnifique blasphème qui diffuse un troublant parfum de scandale… »
Pascale Millot, Montréal centre-ville
« L’auteure du Cercle de Clara (1997) et de L’Évocation (2005) ose un livre sans équivalent, trempant sa plume dans une encre qui semble appartenir à une autre époque, un temps où la nature et ses mystères n’étaient pas encore décryptés; où le désir était une force obscure, dont il fallait se méfier. En résulte une extraordinaire fête des cinq sens, à ranger en bonne place dans le cabinet de curiosités de la littérature actuelle. ****»
Tristan Malavoy-Racine, Voir
David Desjardins, Voir
« Si iconoclaste ! »
Monique Roy, Châtelaine
« Maleficium charme par son érudition qui permet au lecteur d’adhérer plus facilement aux récites et de pénétrer dans un univers de perceptions et de sensations inégalées. […] Martine Desjardins emporte le lecteur dans un voyage dans le temps et l’espace où tous les sens sont convoqués. »
Émilie Pelletier, Impact Campus
« Un texte d’une richesse peu commune. »
Elsa Pépin, La Presse
« Belzébuth lui-même n’aurait pas fait mieux… Une lecture absolument divine. »
André Magny, Le Droit
« Dommage que Martine Desjardins ne soit pas encore aussi connue que Michel Tremblay, Gabrielle Roy, Hubert Aquin, Marie-Claire Blais ou Marie Laberge. Dommage, car en plus d’écrire merveilleusement bien, son univers romanesque sort totalement des sentiers battus. Il suffit d’ailleurs de plonger corps et âme dans Maleficium pour comprendre plus exactement ce qu’on veut dire par là… Un livre indiscutablement unique en son genre qui mérite de rafler bien des prix. »
Karine Vilder, 7 Jours
« Maleficium est également une sorte de célébration orgiaque de nos cinq sens, tous sollicités par l’écriture délicieusement et délibérément surannée que privilégie Martine Desjardins. Nourri par sa fréquentation de journaux d’explorateurs du monde entier, d’ouvrages de référence sur la médecine, l’entomologie et les professions diverses des confessés de monsieur l’abbé, le roman impressionne à la fois par la rigueur de son réalisme. Cette œuvre somptueuse et onirique, aux enivrants parfums de safran, hantée par les réminiscences d’auteurs qu’on croyait n’appartenir qu’au passé, nous offre l’antidote parfait contre ces récits platement autobiographiques qui ne s’élèvent jamais au-dessus du niveau des pâquerettes et qui, pourtant, passent pour des summums de la création contemporaine. »
Stanley Péan, Le libraire