À l’âge ingrat de douze ans, Vanessa MacLeod vacille au bord du gouffre séparant l’enfance de l’adolescence. Prise entre ces deux mondes, celle qui « déteste le fait d’être si jeune » grandit dans une imposante maison de briques où elle est un témoin privilégié de la vie qui bat au sein du nid familial. En huit histoires qui forment autant d’étapes d’un parcours menant à l’âge adulte et jalonné d’épreuves, de petits miracles et de grands deuils, elle se fera la chroniqueuse d’un clan fascinant, miné par la maladie et la folie.
Œuvre forte et novatrice tant par sa forme, assemblage de textes indépendants mais finement entrelacés, que par le regard, d’une étonnante justesse, qu’elle pose sur les relations entre les membres d’une même famille, Un oiseau dans la maison est marqué au sceau de la grande dame des lettres canadiennes qu’est Margaret Laurence.
Préface de Nadine Bismuth.
Traduit de l’anglais (Canada) par Christine Klein-Lataud.
Collection CODA / Coédition avec les Éditions Nota bene
Mars 2010 | 978-2-923550-21-3 | 440 pages | 18,95$
Margaret Laurence
Née Jean Margaret Wemyss, elle a vu le jour en 1926 à Neepawa, au Manitoba. Celle que l’on surnomme « Peggy » n’a que quatre ans lorsque sa mère, Verna Jean Simpson, décède. Son père, l’avocat Robert Harrison Wemyss, se remarie avec la tante de la petite fille, Margaret Campbell Simpson, venue aider la famille, avant de mourir à son tour en 1935. Après ses études, Jean Margaret est embauchée par le Winnipeg Citizen puis épouse, en 1947, l’ingénieur Jack Laurence. Le couple s’installe d’abord en Angleterre avant de déménager en Somalie et au Ghana, un séjour qui marque profondément l’écrivaine.
Désormais mère de deux enfants, Jocelyn et David, Margaret revient au pays en 1957, se sépare de son mari et repart vivre un temps en Angleterre. Son premier roman, This Side Jordan, est publié en 1960, suivi par ses mémoires somaliennes (The Prophet’s Camel Bell) en 1963. En 1964 paraît son futur classique, The Stone Angel (L’ange de pierre), véritable assise d’un ambitieux édifice littéraire mondialement connu sous le titre de Cycle de Manawaka. Sous le couvert de la fiction, Margaret Laurence y transpose certains événements de sa vie dans un lieu imaginaire inspiré par sa ville natale. Suivront A Jest of God (Une divine plaisanterie, 1966, Prix littéraire du Gouverneur général du Canada), The Fire-Dwellers (Ta maison est en feu, 1969), le recueil de nouvelles A Bird in the House (Un oiseau dans la maison, 1970) et, enfin, The Diviners (Les Devins, 1974, Prix littéraire du Gouverneur général du Canada), roman complexe et mature qui vient clore de façon magistrale ce que beaucoup considèrent comme le plus important cycle romanesque canadien (en version intégrale dans la collection CODA).
Tout au long de sa prolifique carrière, l’écrivaine manitobaine a également publié de nombreux articles et essais ainsi que des œuvres pour la jeunesse. En 1972, deux ans avant qu’elle ne revienne s’installer définitivement à Lakefield, en Ontario, Margaret Laurence est nommée Membre de l’Ordre du Canada. S’ensuit une longue période de silence littéraire pendant laquelle l’auteure doit constamment se battre contre la censure de ses livres et pour la reconnaissance de la littérature au Canada. Au fil des ans, elle s’investit de plus dans plusieurs causes environnementales et pacifistes. Cette grande dame des lettres canadiennes met fin à ses jours le 5 janvier 1987 après avoir appris, quelques mois plus tôt, qu’elle souffrait d’un cancer incurable. Ses mémoires, intitulés Dance on the Earth, ont été publiés en 1988. Encore aujourd’hui, Margaret Laurence demeure l’écrivaine la plus lue au Canada. Elle a exercé une profonde influence sur des écrivains majeurs tels Robertson Davies, Alice Munro et Margaret Atwood.